L’estimation des préjudices résultant des pratiques anticoncurrentielles après la transposition de la directive 2014/104/UE

Par Maurice NUSSENBAUM, paru dans LA SEMAINE JURIDIQUE – ENTREPRISE ET AFFAIRES – MAI 2022 – © LEXISNEXIS SA

Depuis la directive 2014/104/UE du 26 novembre 2014 (directive) et sa transposition en France le 9 mars 2017, la CJUE poursuit l’objectif de rendre plus effectives les réparations des préjudices privés. Pour cela, elle a cherché à lever certaines difficultés probatoires pour les victimes.
Bien que la jurisprudence associée à ces textes soit encore récente en France, puisqu’ils ne s’appliquent qu’aux affaires ouvertes après leur entrée en vigueur, on distingue déjà suffisamment d’applications pour faire un premier bilan.
Les décisions examinées illustrent différents apports de ces textes : la notion d’entité économique (arrêt Skanska), la durée de prescription de 5 ans, la présomption de préjudice (arrêt Dortmund), la question des intérêts compensatoires et la perte de chance, le passing revisité à plusieurs reprises et la communication des pièces qui est nécessaire sans pour autant enfreindre la préservation du
secret des affaires.
On peut souligner que ces textes, même si leur application est inégale, ont d’ores et déjà contribué à renforcer les droits des victimes dans le cadre de leur indemnisation de préjudices résultant d’infractions aux règles de la concurrence.